
Pas à pas vers une plus grande accessibilité des femmes
Si hier, se rendre dans un centre de soins pour s’offrir une méthode moderne de contraception pouvait exposer à la stigmatisation, aujourd’hui de plus en plus de femmes n’hésitent plus à se planifier. Certes, elles sont mieux accueillies, mais les couts des produits restent un frein. Reportage.
Lialiane(nom d’emprunt), mère de trois enfants est au centre de santé ce mardi de novembre 2025. Le but de sa consultation, adopter une méthode contraceptive. Une heure plus tard, elle repart aussi discrètement qu’elle est venue, satisfaite. Elle a fait une injection pour éviter la surprise d’une grossesse non désirée. ‘Elle veut mieux s’occuper de son commerce’. Dans ce santé de santé sise dans la commune d’Abomey calavi, qui veut aussi passer inaperçu que sa patiente, ce genre de consultation est quotidien à la maternité. Trois à cinq femmes par jour. Et les rapports mensuels relatifs à ces adhérentes sont envoyés l’Association Béninoise pour le Marketing social et la communication pour la Santé (ABMS), une organisation non gouvernementale béninoise, membre du réseau population service international (PSI).
Également partenaire de ABMS/PSI, la clinique privée Béraka, installée elle aussi à Abomey-calavi, dans le quartier Togoudo, à cent mètres de la pharmacie le Jourdain offre des soins en planification familiale (PF). Le gynécologue Mathias Dossou ADJIBODE, qui en est le promoteur nous oriente vers la sage-femme responsable. Entre décembre 2022 et novembre 2023, Falilatou Maman décompte quarante et une (41) femmes adhérentes et fait observer ‘la clientèle est plutôt composée des nouvelles accouchées ou des césarisées, bénéficiaires des sensibilisations qu’organise la clinique. ‘C’est rare, mais il arrive que nous recevons des jeunes filles’. Raconte la sage-femme. Dans cette clinique, les soins en PF sont disponibles, mais payants. Mis à part la consultation, à 600Fcfa (0,92 euros), le jadelle, l’une des méthodes les plus demandées est à trois mille (3000) francs cfa (4,615 euros) et les injections varient entre+ mille 1000 (1,53 euros) et deux mille 2000 francs cfa (3,07 euros).
Les couts, un frein?
Selon la sage-femme, les couts ralentissent certainement de nombreuses jeunes filles et femmes.
‘Ce sont des prix forfaitaires, toutes les méthodes modernes de contraception sont subventionnées par l’État Béninois. Si les soins sont payants dans le privé, dans les centres publics dont homel, hôpital de la mère et de l’enfant de Cotonou, c’est gratuit’, Témoigne Milène HOLONOU, doctorante intervenant dans trois centres de santé à Cotonou et Abomey-calavi et activiste pour les droits et santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes. ‘Les soins en PF sont gratuits dans six départements sur les douze que compte le Bénin’ confirme le chef service santé de la reproduction et planification familiale à l’Agence Nationale des Soins en Santé Primaire, une agence du Ministère de la Santé du Bénin. Dr Édith Djenontin Kotchofa, reconnait quand même que ‘l’accessibilité est toujours faible, malgré les multiples actions’. Mis à part l’accessibilité financière, Dr Djenontin cite comme freins à la PF, l’insuffisance d’informations, la peur des effets secondaires, les rumeurs, la faible implication des. Consciente de ces réalités, le chef service santé de la reproduction et planification familiale et son équipe dirigent des campagnes gratuites de sensibilisation et d’offres de soins en PF. ‘Cette année, nous avons parcouru toutes les zones sanitaires du pays’ se réjouit Dr Djenontin.
Des actions…. Et des fruits.
Avec de telles actions que multiplient le ministère de la santé, les activistes, les médias, les ongs, les unités de coordination des centres de santé, le taux de prévalence contraceptive de 12,4% selon l’enquête démographique de santé de 2017 a évolué mais reste à confirmer par une nouvelle EDS.




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